Témoignage d’un frugaliste

Il y a des évènements qui vous font appréhender la vie d’une manière différente du jour au lendemain.

Un accident de la vie qui modifie la vôtre

Il y a 4 ans, ma femme a eu un grave accident de la circulation. Choc frontal, choc vital. Causé par un tiers, cet événement a créé une grande remise en question dans ma/notre vie.

J’étais enseignant dans un lycée professionnel depuis plus de 20 ans. J’avais l’assurance d’un salaire confortable, les vacances (plus que méritées) garanties toutes les 6 à 7 semaines. Oui, mais voilà, cela faisait de nombreuses années que ce métier avait perdu tout sens pour moi. Vidé de sa valeur et de ses objectifs fondamentaux, mon travail n’était devenu au fil des ans et l’usure du métier, qu’un gagne-pain qui me rendait aigri, fatigué et usé. je n’en pouvais plus de ce qui se trouve à l’arrière du décor (incivilité, manque de soutien de l’administration, programmes propagandistes, charges administratives etc..).

Quand ma femme a failli mourir, j’ai senti que la vie ne tenait vraiment qu’à un fil qui pouvait se rompre à tout instant. La cinquantaine approchant, je savais aussi que j’avais déjà accompli une bonne partie de mon chemin sur cette terre. Avais-je envie de continuer ainsi au prix de ma santé à gagner un salaire qui de toute façon était fondu en fin de mois ? Cela valait-il le coup de revivre à nouveau un burn out pour quelques subsides destinés à consommer plus. Pourquoi se ruiner la santé pour ne pas profiter de ses proches et de ce que la vie offre comme bons côtés ? Mon confort financier n’était-il pas devenu une prison ?

On change de direction

J’ai donc décidé de changer de vie et d’objectifs. J’allais profiter de la vie, de ma famille et de mes proches quitte à vivre plus frugalement. J’ai donc donné ma disponibilité de l’enseignement pour me lancer comme auto-entrepreneur. Cela voulait dire une diminution du salaire par 2,5.

Bonne nouvelle

On peut apprendre le frugalisme de façon progressive, moi, je l’ai fait de façon brutale. Mais plusieurs années après, je suis content du résultat. J’ai réussi à réduire mes désirs pour me focaliser sur mes besoins. Pour cela j’ai dû faire preuve de créativité et de système D, mais la qualité de vie n’a plus rien à voir. Je me suis mis au jardinage et à la permaculture, nous faisons des conserves. Nous pratiquons le système des enveloppes pour mieux gérer nos dépenses, nos loisirs sont moins onéreux, mais le temps passé en famille est bien plus précieux que quelques euros de plus sur le bulletin de salaire, mais dépensés aussi vite que gagnés.

Mon frugalisme se rapproche de la slow life, mais il existe de nombreuses autres façons de le vivre.

Témoignage de Laurent ( 51 ans) recueilli et mis en forme pour le site.

Etre frugaliste est-ce être un radin ?

Depuis que j’ai décidé d’être indépendante financièrement il y plus de 10 ans, j’ai tout naturellement glissé dans la voie de la frugalité. Je fais un compte méticuleux de mes achats et sorties d’argent, je réduis mes dépenses en surnombre et je me fixe des objectifs ambitieux pour réussir à mettre de l’argent de côté.  Alors que je suis convaincue par ce choix de vie, que je me rends compte de ses bienfaits et que je ne regrette en aucun cas mon mode de vie, j’ai tendance à garder secret mon choix. J’ai honte d’en parler à ma famille, mes amis ou mes collègues.  Pourquoi ? Parce que j’ai peur qu’on me traite de radin. Suis-je radin ?

J’économise, mais je ne suis pas radin ! 

J’ai bien sûr appris progressivement à moins dépenser mais cela ne veut pas pour autant dire que j’ai des trous dans mon canapé ou que je porte des baskets rapiécées. Choisir un style de vie plus frugal ne signifie pas être radin ou pingre. Il y a plein de moyens de faire des économies et de bien vivre avec moins, sans devenir clochard. La vie de frugaliste n’engendre pas forcément de sacrifices.

Vivre frugalement, c’est moins dépenser !

Pourquoi vivre frugalement ? D’abord, parce que cela me permet de dépenser moins et de garder une partie de ce que je gagne pour épargner, éviter de m’endetter ou investir.

Moins dépenser, c’est réduire ses besoins !

C’est un cercle vertueux : moins je dépense, plus mes besoins diminuent. Rien à voir avec la radinerie, c’est une économie de vie, une simplicité volontaire qui vous rend libre.

Réduire ses besoins, c’est moins travailler !

La suite de ce cercle vertueux, c’est que puisque vos besoins sont moindres, vous pouvez décider de travailler moins pour profiter au mieux de votre vie frugale, mais libérée du stress de la vie active. Nous n’avons qu’une vie et tant qu’à faire, je préfère être économe dans mon quotidien pour ne pas être radins en petits bonheurs. Rouler avec une voiture de plus de 10 ans ne me gêne pas du tout si en contrepartie je gagne plus de temps en famille, pour faire du sport, lire, et partager avec mes proches et le loisir de me consacrer à des causes personnelles plus essentielles et épanouissantes.

Tout ça pour un nouveau mode de vie

C’est un art de vivre qui permet d’être le maître d’œuvre de sa propre existence et de lui donner les couleurs que l’on souhaite. Vivre de façon frugale n’a rien d’insurmontable et d’exceptionnel et rien de commun avec la pingrerie. Il suffit pour cela d’un peu d’astuces et d’espièglerie (n’est-ce pas Candy ?).

Nous consacrerons très prochainement, un article entier à l’art d’économiser sans radinerie.